Anniversaire de la République turque, militaires turcs, Chypre, en Bref
L’anniversaire de la fondation de la République turque.
La République turque, fondée le 29 octobre 1923, a 83 ans d’existence. Dans tout le pays et les représentations diplomatiques à l’étranger, l’anniversaire a donné lieu à des célébrations. Parmi elles, l’inévitable hommage au Père fondateur, Atatürk, devant le mausolée duquel le président Sezer est allé s’incliner.
Accompagné du Premier ministre, du président du Parlement, du leader de l’opposition, du chef d’état-major de l’armée, de ministres, de députés, de hauts commandants de l’armée et de hauts représentants de la justice, le chef de l’Etat a rappelé que la Turquie était « une nation fière, consciente de la valeur de la République ».
Un hommage au Père fondateur qui prend un relief particulier, cette année, au moment où les gardiens du temple laïc pointent la menace que fait peser « l’islam réactionnaire » sur le devenir de la République. Dans un communiqué publié samedi 28 octobre, le président turc a réaffirmé qu’il était « inconcevable » de toucher au système laïc turc. « Le principe de laïcité est la pierre angulaire du processus de transformation », a-t-il déclaré selon le Turkish Daily News. Il a averti que les confréries et sectes islamiques, interdites par la loi mais tolérées en pratique, « cherchent à étendre leur sphère d’influence, notamment dans le domaine de l’éducation ».
Un président Sezer qui a refusé d’inviter des femmes portant le voile lors de la traditionnelle réception du 29 octobre au palais présidentiel. Réponse du berger à la bergère : la plupart des députés de l’AKP, qui sont des musulmans pratiquants mariés à des épouses portant le voile, ont boycotté la réception.
La presse turque, bien entendu, revient abondamment sur cet anniversaire et surtout le contexte dans lequel il s’inscrit cette année. Pour le très laïc Cumhuriyet, la Turquie célèbre ses 83 ans sous les menaces conjuguées du séparatisme, de l’islamisme et de l’impérialisme. « Les puissances impérialistes préparent des cartes visant à diviser notre pays et les nations voisines, avertit le journal, pendant que les Européens n’en finissent pas de poser des exigences. La carte de la charia (la loi islamique) s’étend chaque jour. Dans la plus grande ville de Turquie qu’est Istanbul, fait observer Cumhuriyet, on ouvre des parcs réservés aux femmes. Des affirmations pseudo-scientifiques selon lesquelles l’eau utilisée pour les ablutions accroît le nombre de globules rouges entrent dans nos manuels scolaires. » Quant aux puissances impérialistes, Cumhuriyet les accuse de vouloir enfermer la Turquie dans le rôle qu’elles souhaitent lui assigner pour leur projet d’avènement d’un “islam modéré”. Mais dans ce tableau assez pessimiste brossé par le quotidien laïc, la Turquie possède un atout pour faire échouer ces plans : « elle a pleinement conscience de l’existence de ces menaces ».
Tout autre son de cloche, du côté du quotidien progouvernemental Yeni Safak, qui ne croit pas du tout à la menace fondamentaliste islamique et ironise sur les craintes de Cumhuriyet, qui évoque le mot “irtica” (revirement ou régression en turc) pour désigner la menace fondamentaliste. Yeni Safak, qui balaie ces craintes jugées imaginaires, estime qu’elles sont le fruit d’une paranoïa.
A quelques mois des élections présidentielles, cette tension persistante entre les gardiens du temple et les islamistes du possible ou probable candidat Erdogan ramènent invariablement à la même interrogation : un coup d’Etat en Turquie, est-ce vraiment impossible ? Le quotidien Sabah a donné la parole au chef de l’opposition Deniz Baykal, adversaire acharné des islamistes : « J’espère que M. Erdogan ne sera pas le prochain président, mais si tel était le cas, je ne voudrais pas voir un nouveau coup d’Etat en Turquie. »
Le chef du CHP, créé par Atatürk, a précisé que son opposition à l’installation d’un Recep Tayyip Erdogan au palais présidentiel n’était pas motivée par le fait que l’épouse de ce dernier, Emine Erdogan, porte le voile, mais par la mentalité dont le premier ministre serait porteur, selon lui. Deniz Baykal reproche au chef du gouvernement d’avoir des « problèmes » avec l’actuelle Constitution de la République turque, héritée du coup d’Etat de 1980 : le leader de l’opposition fait sans doute allusion notamment à l’abaissement de 30 à 25 ans de l’âge de l’éligibilité pour les députés, dont l’approbation récente par le Parlement vient modifier l’article 76 de la Constitution turque.
Le week-end dernier, Recep Tayyip Erdogan s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet, pour souligner combien il est important à ses yeux’ de favoriser l’accession d’éléments de plus en plus jeunes à de hautes responsabilités politiques. « Les jeunes ne pourront progresser dans le monde politique qu’à la condition de lever les obstacles qui se dressent devant eux, a-t-il déclaré selon Göksel Bozkurt, du Turkish Daily News. Si vous échouez à supprimer ces obstacles, vous ferez d’eux des toxicomanes plus tard. Ils disent que le Parlement sera rempli de gamins, a ajouté M. Erdogan en référence à ses opposants. Cela montre à quel point leur vision est étroite. La carrière politique n’est pas une profession dans laquelle on s’engage après la retraite. » Le Premier ministre rappelle qu’il est devenu maire d’Istanbul à l’âge de 40 ans, et que Mehmet le Conquérant, à l’époque ottomane, avait commencé à régner sur l’Empire dès l’âge de 21 ans, pour faire « du très bon travail ».
La proposition d’abaisser l’âge de l’éligibilité au Parlement est sans doute également motivée, pour le Premier ministre, par le rajeunissement sensible constaté au sein de son parti : toujours selon Göksel Bozkurt, du Turkish Daily News, ils sont de plus en plus jeunes en Turquie à rallier l’AKP. Selon les chiffres officiels, le parti du Premier ministre compte aujourd’hui 27% de membres âgés de 18 à 30 ans, 33% entre 31 et 40 ans, 25% entre 41 et 50 ans, 3% entre 51 et 60 ans et 10% de plus de 60 ans.
Autre évolution intéressante : le nombre des adhérentes augmente de jour en jour au sein du parti. Suite aux instructions du Premier ministre, les femmes sont en train d’opérer une entrée en force dans l’AKP : sur les 2 940 000 membres que compte le parti, 720 000, soit le quart des adhérents, sont des femmes.
Par ailleurs, on notera qu’en province, 55% des responsables de l’AKP sont des diplômés de l’université, 12% ont une qualification dans le secteur tertiaire, 12% sont titulaires d’un diplôme d’une grande école et 2% seulement n’ont fini que l’école primaire. Quant aux professions de ces mêmes leaders provinciaux, on observe que 38% d’entre eux sont des hommes d’affaires, 20% des juristes, 11% des retraités, 7% des ingénieurs et 3% des médecins ou pharmaciens.
Vie sociale, enseignement, religion, monde politique, etc. : patiemment, dans tous les domaines de la vie publique, Recep Tayyip Erdogan tisse sa toile islamiste sur l’ensemble de la Turquie. Et quand l’Etat profond – cette nébuleuse qui regroupe l’armée, les forces de sécurité et la bureaucratie – exerce une forte pression sur lui, M. Erdogan calme le jeu, en faisant serment d’allégeance aux gardiens du temple laïc.
La preuve ? En cette semaine de glorification du Père fondateur de l’identité turque dite moderne, le Premier ministre, qui n’a jamais eu une attitude très claire sur le devenir de l’article 301 du Code pénal (délit d’insulte à l’identité turque), a déclaré lors de la réception du 29 octobre au palais présidentiel qu’il n’entrait pas dans les intentions de son gouvernement de modifier cet article si controversé. « De nombreux pays en Europe ont des articles semblables au 301… Nous ne sommes pas un pays fermé au monde. Voyons si l’Union européenne a une idée pour modifier cet article 301, et si tel est le cas, nous l’examinerons. »
Un art consommé du renversement des rôles dans ses relations avec l’Europe, une capacité certaine à ménager l’Etat profond au moment où celui-ci le désigne comme l’homme à abattre, Recep Tayyip Erdogan, dont la nature et le champ de l’action politique posent la question du devenir de l’identité turque, est devenu un personnage incontournable de la vie politique de son pays, en route peut-être vers le palais présidentiel de Çankaya. Toute la question est de savoir si les gardiens du temple le laisseront aller jusqu’au bout. Ou, autrement dit, s’ils sont encore capables de l’arrêter dans son inexorable marche en avant.
Le zéro pointé de Hans-Jörg Kretschmer aux militaires turcs.
La question de l’équilibre des pouvoirs, à Ankara, entre les civils et les militaires, demeure plus que jamais au cœur des débats sur l’intégration européenne de la Turquie : à quelques heures de son départ d’Ankara pour Kaboul, Hans-Jörg Kretschmer, le chef de la Délégation de la Commission européenne en Turquie, a déploré une nouvelle fois l’incapacité d’Ankara à s’aligner sur les standards européens en matière de relations entre les pouvoirs civils et militaires.
Dans une interview accordée au Turkish Daily News, M. Kretschmer, qui vient d’achever son mandat de quatre ans à son poste, a même déclaré qu’un « retour en arrière » était palpable dans ce domaine, depuis le 17 décembre 2004, date à laquelle Bruxelles avait décidé d’ouvrir à l’automne 2005 les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.
Les relations entre M. Kretschmer et les militaires turcs, pendant ces quatre années, ne s’apparenteront pas à un long fleuve tranquille. Régulièrement, le chef de la Délégation de la Commission européenne dénoncera l’omniprésence et la toute-puissance de l’armée dans la vie publique turque, et notamment sur la question de la menace fondamentaliste. Le 22 septembre dernier, il reprochait aux militaires turcs de jouer « leur propre jeu, en dehors du contrôle des autorités civiles, sans respecter l’ordre juridique et institutionnel ». En réponse, les hauts dirigeants de l’armée turque avaient répliqué à M. Kretschmer que « l’armée ne peut ignorer les attaques lancées contre le caractère unitaire et laïc de l’Etat ».
Pour M. Kretschmer, le bilan est clair : les discours indiquent clairement que « rien n’a vraiment changé dans la façon de penser des militaires, malgré les évolutions accomplies sur le plan juridique ». « Ils continuent de se considérer comme les gardiens de l’ordre constitutionnel, ajoute-t-il. Quand bien même le peuple en déciderait autrement, ils sont là pour l’empêcher d’aller dans la mauvaise direction. Cela pose un problème fondamental de démocratie. »
La Turquie a pourtant modifié sa législation pour changer la composition du Conseil national de sécurité (le MGK), dominé jusque-là par les militaires. Yighit Alpogan, un diplomate de carrière, est devenu alors le premier civil à diriger cet organe tout-puissant qu’est le MGK. Mais si l’armée, comme le rappelle M. Kretschmer, était restée relativement silencieuse jusqu’en décembre 2004 sur les dossiers politiques, le général Hilmi Özkök, son chef d’état-major de l’époque, allait tout à coup reprendre la main, en avril 2005, sur ces questions jugées hautement sensibles. « C’est là le signe d’une attitude qui n’a jamais changé », en conclut M. Kretschmer.
Le diplomate révèle également qu’il n’a jamais eu de véritable entrevue avec Hilmi Özkök, durant ses quatre années de mission à Ankara, et qu’aucune suite n’a été donnée à toutes ses demandes de rendez-vous. La seule rencontre Kretschmer-Özkök fut somme toute le fruit du hasard, à l’occasion d’une réception diplomatique organisée à Ankara. Dans ce climat de méfiance générale, Hans-Jörg Kretschmer, en fin de mission, n’a même pas cherché à rencontrer le général Yashar Büyükanit, nommé le 30 août dernier chef d’état-major des forces armées en lieu et place de Hilmi Özkök.
Arrivé au terme de sa mission, l’ancien chef de la Délégation de la Commission européenne en Turquie, qui sera remplacé par un Français, selon Yusuf Kanli et Fatma Demirelli, du Turkish Daily News, a formé le vœu que la Turquie conserve sa stabilité politique après les présidentielles et les législatives de 2007, afin de poursuivre les réformes d’harmonisation aux standards européens. Mais M. Kretschmer demeure très prudent quant à l’avenir du processus de réformes, car au stade d’évolution atteint aujourd’hui, le pays a selon lui des défis autrement plus âpres à relever que par le passé et bien plus de questions délicates à traiter. « La Turquie y parviendra-t-elle, finalement ?, s’interroge M. Kretschmer. Il est impossible de le dire. Non pas du fait de l’UE, mais plutôt à cause de la Turquie elle-même ! ».
Chypre : débat autour de l’initiative finlandaise.
A une semaine de la publication du rapport sur les progrès d’Ankara sur la voie de l’adhésion, le débat se concentre principalement sur le nœud chypriote, qui est devenu une véritable pierre d’achoppement dans les pourparlers euro-turcs. La Finlande, qui assume actuellement la présidence tournante de l’UE, a lancé récemment une initiative, pour tenter de débloquer la situation sur la question de l’ouverture des ports et aéroports turcs aux bateaux et avions chypriotes grecs. Une proposition finlandaise qui peut se résumer au deal suivant : placer la ville de Varosha, située en zone occupée, sous le contrôle des Nations unies, en échange de l’ouverture du port de Famagouste (toujours en zone occupée) à un commerce libre pour les Chypriotes turcs, sous supervision de l’Union européenne, pour une période de deux ans.
La proposition de la présidence finlandaise, visiblement soucieuse d’épargner au dialogue euro-turc, plongé actuellement dans l’impasse, “l’accident de train” que chacun redoute, n’a pas été formellement rejetée par les différents protagonistes. Mais ces derniers ont tous soulevé des objections ou des réserves quant à son éventuelle mise en œuvre.
Pour la Turquie, l’initiative finlandaise n’est pas suffisamment équilibrée, car elle ne propose pas l’ouverture au trafic international de l’aéroport d’Ercan (côté chypriote turc), qui contribuerait du point de vue d’Ankara à la levée de l’isolement de Chypre-Nord. Les Chypriotes turcs, justement, émettent quant à eux des réserves, préférant l’option du règlement global sous l’égide de l’ONU à une solution par étapes. Pour Nicosie, enfin, le retour des Chypriotes grecs à Varosha – et non son seul passage sous mandat onusien – est la condition d’acceptation de ce énième plan.
A une semaine de la publication du rapport sur les progrès de la Turquie sur la voie de l’adhésion, les uns et les autres se projettent dans l’avenir immédiat, pour évaluer les chances d’ouverture ou de suspension du dialogue euro-turc.
Plutôt optimiste, René Van der Linden, le président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a déclaré vendredi dernier à Istanbul, à l’issue de ses entretiens avec Abdullah Gül, qu’il « ne [croyait] pas à un clash entre Ankara et Bruxelles d’ici à la fin de l’année ».
L’inquiétude semble gagner, en revanche, les milieux de la Commission européenne. Selon des sources qui lui sont proches, citées par le Turkish Daily News, on y prédit que « si les efforts de la Finlande ne sont pas couronnés de succès, il y aura alors un grave problème ». La Commission européenne pense qu’en cas d’échec, des « débats très rudes » attendent le Conseil européen de décembre prochain.
Des cobayes chypriotes grecs au service d’Ankara.
Un rapport américain’ publié récemment dans un Bulletin spécialisé dans les questions stratégiques en matière de Défense et de Politique étrangère a fait état de l’utilisation comme cobayes de prisonniers grecs et chypriotes grecs capturés lors de l’invasion de l’île de Chypre, en 1974. Pendant plusieurs années, des expériences destinées à la fabrication d’armes chimiques et biologiques auraient été pratiquées sur ces prisonniers dans des laboratoires secrets de l’armée turque.
Greg Copley, le directeur de l’Association internationale pour les Etudes stratégiques, dont le Bulletin qui a publié ces révélations est une émanation, a souligné que le rapport « a été préparé par des employés qui se sont fondés sur des recherches effectuées sur le terrain, principalement en Turquie ».
A Nicosie, on accueille ces informations avec une certaine prudence. Le ministre des Affaires étrangères, George Lillikas, a déclaré que le gouvernement chypriote voulait d’abord étudier ce rapport, avant de se positionner sur cette affaire. Il a annoncé lundi 30 octobre qu’une enquête serait diligentée pour vérifier la validité des révélations de Greg Copley.
Selon le Turkish Daily News, qui s’appuie sur le Cyprus Mail, Greg Copley, qui est professeur à l’Intercollege de Nicosie et dont les ouvrages figurent en bonne place sur le site de l’ambassade de Chypre à Washington, a mis l’accent sur le fait que son rapport n’était « pas fondé sur des on-dit », mais avait été préparé « à partir de témoignages très divers en Turquie ». Il aurait néanmoins précisé qu’il ne disposait d’« aucune preuve concrète » de la validité des accusations contenues dans le rapport.
Un Greg Copley sévèrement critiqué par Ahmet Erdengiz, membre de la Commission des Nations unies sur les Personnes disparues : M. Copley se voit reprocher un manque de crédibilité, car « il est connu pour produire ce type d’allégation sans fondement », a dit M. Erdengiz à l’Agence d’Informations turques de Chypre. A l’appui de ses critiques, M. Erdengiz affirme que Greg Copley, à l’époque, avait soutenu que les Serbes, au départ, avaient construit des camps de concentration, durant la guerre en Bosnie, pour garantir la sécurité des Croates et des Musulmans.
Dans la presse turque, on commente cette affaire. Pour Hürriyet, qui maquille en défiance la prudence observée par Nicosie, « même les Chypriotes Grecs ne croient pas » aux conclusions de ce rapport, puisque le chef de la diplomatie chypriote, George Lillikas, a lui-même noté qu’il ne disposait d’aucune preuve de son bien-fondé à ce jour.
Milliyet, dans un papier intitulé “Allégations bizarres”, rapporte pour sa part que George Lillikas a confié au Cyprus Mail que le gouvernement chypriote prenait cette affaire au sérieux, et qu’un rapport serait préparé après un examen minutieux des faits.
Une affaire à suivre, qui n’en est peut-être qu’à ses débuts.
EN BREF…
- Le sous-secrétaire d’Etat américain à la Défense, Eric Edelman, a exclu la semaine dernière toute possibilité d’un redéploiement de troupes américaines dans le nord de l’Irak, contrôlé par les Kurdes. Ankara reproche à Washington sa passivité face à la présence du PKK dans les monts du Kandil, d’où les militants kurdes s’infiltreraient en territoire turc. Eric Edelman, qui était récemment encore ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, répondait à la fois à Ankara mais aussi à Richard Holbrooke, un ancien numéro deux du Département d’Etat et ex-ambassadeur américain à l’ONU, lequel conseillait vivement quelques jours auparavant dans le Washington Post d’envoyer des troupes américaines en Irak du Nord, pour « réduire les risques d’une guerre entre Turcs et Kurdes ». Selon le Turkish Daily News, Eric Edelman a affirmé clairement que Washington n’envisageait ni le partage de l’Irak en trois entités ni l’envoi de militaires en Irak du Nord.
- La bataille entre le Venezuela et le Guatemala pour un siège au Conseil de Sécurité des Nations unies était le 27 octobre dernier en première page de Milliyet. Pourquoi ? Parce que la Turquie a choisi le Venezuela, qui s’est engagé à soutenir Ankara dans sa quête d’un siège au même Conseil de sécurité pour la période 2009-2010 ; et ce, contre les recommandations de Washington, qui est derrière la candidature du Guatemala. Ce dernier semble tenir la corde, au vu de la tendance actuelle, mais ni le Guatemala ni le Venezuela ne sont en mesure aujourd’hui de recueillir les voix des deux tiers des pays membres, et aucun des deux pays ne souhaite se retirer au profit de l’autre. Quoi qu’il advienne, l’ambassadeur du Venezuela en Turquie, Kaldone Nweihed, a déclaré à Milliyet que son pays n’avait « aucun doute sur le soutien de la Turquie ». Avant d’ajouter : « Que nous sortions vainqueur ou pas de cette élection, nous soutiendrons la candidature de la Turquie lors du vote de 2008. »