Axe franco-allemand, Iran et Syrie, Benoit XVI
L’axe franco-allemand face à la Turquie à Bruxelles.
Il y a de l’eau dans le gaz entre Ankara et Bruxelles : devant le refus de la Turquie d’accepter un compromis sur Chypre, la Commission européenne a donc recommandé une suspension partielle des négociations euro-turques.
Une suspension qui toucherait huit des trente-cinq chapitres à aborder durant les pourparlers d’adhésion d’Ankara à l’UE. Sont concernés la libre circulation des biens, la libre fourniture des services, les services financiers, l’agriculture, la pêche, la politique des transports, l’union douanière et les relations extérieures. Il reviendra ensuite aux ministres des Affaires étrangères des 25 pays membres de l’Union de décider de suivre ou non la recommandation de la Commission européenne.
Une recommandation jugée « inacceptable » par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Son ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, a averti les ambassadeurs des pays membres de l’UE en poste à Ankara que si le Conseil européen des 14 et 15 décembre confirmait l’avis de la Commission européenne, cela équivaudrait à entériner un gel des négociations. Abdullah Gül appelle Bruxelles à « ne pas punir une Turquie qui veut réaliser sa mutation pour atteindre les standards européens ». Et il ajoute selon le Turkish Daily News que « si la recommandation est adoptée lors du Conseil européen, le gouvernement turc ne pourra plus considérer l’UE comme partenaire pour les négociations ». Pour le chef de la diplomatie turque, « l’UE a tellement de problèmes à traiter, qu’un échec sur la Turquie enverrait un signal négatif au monde ».
Soucieux de calmer le jeu, Olli Rehn, le Commissaire européen à l’Elargissement, a confirmé que les négociations se poursuivraient malgré tout, mais au ralenti.
Mais c’était avant la conférence de presse commune donnée mardi en Allemagne par la Chancelière allemande Angela Merkel et le président français Jacques Chirac. Angela Merkel et Jacques Chirac ont proposé de fixer un délai pouvant aller jusqu’à 24 mois, durant lequel Ankara devra remplir ses obligations à l’égard de Nicosie. En clair, ouvrir ses ports et aéroports aux bateaux et avions chypriotes grecs. Faute de quoi, au terme de ce délai, il conviendrait de réexaminer la candidature de la Turquie.
Angela Merkel s’est défendue de poser un ultimatum à Ankara, mais avec l’appui de Jacques Chirac, cette initiative franco-allemande pourrait bien rassembler certains “turco-sceptiques”. Le Turkish Daily News indique que l’Italie, la Grèce et Chypre ont déjà exprimé leur accord à l’idée d’établir un calendrier précis pour résoudre la question de l’ouverture des ports et aéroports. A ceci près que le Premier ministre italien Romano Prodi a demandé à l’UE de ne pas poser de nouvelles conditions à la Turquie pour son adhésion.
Tel n’est pas l’avis de la Suède, qui fait partie avec la Grande-Bretagne des pays formellement opposés à une suspension des négociations euro-turques. Une demi-heure à peine avant la conférence de presse franco-allemande, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, déclarait à Ankara, à l’issue de ses entretiens avec Abdullah Gül, que toute suspension des négociations assortie d’une clause portant réexamen de la candidature turque signifierait le retour à la case départ. Autrement dit, « on reviendrait de fait à l’avant-3 octobre 2005 », a souligné Carl Bildt dans une allusion au sommet de Luxembourg qui avait marqué l’ouverture officielle des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE. « Et dans ce cas-là, a-t-il ajouté, c’est à l’unanimité que le Conseil européen devrait décider de redémarrer le processus. Nous serions tous alors sur une trajectoire incertaine. »
Mehmet Ali Birand, dans le Turkish Daily News, trace la ligne de partage entre le “front du non” et le “front du oui”. Dans le camp du “non”, les meneurs sont la France, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, le Danemark, Chypre et la Grèce. Ces pays, souligne Birand, veulent « durcir les recommandations de la Commission européenne lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des 11 et 12 décembre ». Ils souhaitent porter « de huit à dix » le nombre de chapitres concernés par la suspension des négociations. Et d’ajouter : « Ils veulent donner 18 mois à la Turquie pour ouvrir ses ports, et si les ports ne sont pas ouverts d’ici là, ils veulent augmenter le nombre de chapitres touchés par la suspension. »
Quant au “front du non”, « mené par la Grande-Bretagne, l’Espagne et l’Italie », il travaille à « réduire la sanction infligée à la Turquie ». « Toute décision prise durant les sommets européens, souligne Birand, doit être approuvée par tous les membres. Si un seul dit non, la décision ne peut être prise. C’est le plus gros atout que possède le front du “oui”. Ils peuvent bloquer toute décision négative, mais l’absence de décision n’est pas forcément une meilleure chose pour la Turquie. Un tel scénario signifierait un blocage total sur Chypre, et déboucherait sur la suspension effective des pourparlers. »
Birand résume la situation à sa manière : « Le front du “non” fait tout son possible pour enterrer profondément les négociations avec la Turquie. Ils veulent s’assurer qu’ils ne seront pas ennuyés pendant au moins quelques années par le problème de la Turquie. Le front du “oui”, pour sa part, veut rapprocher la Turquie de l’Europe aussi vite que possible. Cependant, conclut le journaliste turc, les Européens semblent oublier une chose toute simple : ce ne sont pas eux qui vont décider si la Turquie est européenne ou non. C’est à nous qu’il incombe de faire ce choix. Ils ne vont pas se débarrasser de nous si facilement ! ».
Dans Milliyet, Taha Akyol ne verse pas non plus dans le pessimisme. « Le sommet européen du 14 décembre sera le théâtre d’une bataille diplomatique féroce, prédit-il. La recommandation de la Commission quant au gel des négociations sur huit chapitres est injuste et déplacée. Cependant, même cette sanction, aussi sévère soit-elle, ne force pas la Turquie à un compromis sur Chypre. Ce qu’il faut faire à présent, souligne le journaliste de Milliyet, c’est de lever l’isolement imposé à la République turque de Chypre du Nord, et ensuite seulement demander à la Turquie d’ouvrir ses ports aux Chypriotes grecs. La deuxième chose que chacun devrait comprendre, c’est que même une sanction aussi sévère n’a pas pénalisé l’économie turque, preuve qu’elle est devenue beaucoup plus forte que ce que l’on croit. La Turquie ne changera pas d’objectif. Elle poursuivra sa route avec un surcroît de confiance en elle-même. Car être “sur cette route” est bénéfique pour la Turquie. Reste à savoir maintenant si ce processus s’achèvera par l’adhésion, dans 10 ou 15 ans. »
L’Allemagne et la France sont malgré tout dans le collimateur du quotidien Tercüman, qui leur reproche leur « attitude hideuse » sur Chypre. Jacques Chirac et Angela Merkel, qui sont « fatigués du refus d’Ankara de reconnaître les Chypriotes grecs », ont lancé une « initiative mal intentionnée » à l’égard de la Turquie. Tercüman publie une photo de Jacques Chirac murmurant à l’oreille d’Angela Merkel, avec la légende suivante : « “L’alliance sinistre” des ennemis de la Turquie en action ».
Pour Yusuf Kanli, l’éditorialiste du Turkish Daily News, « le coup monté par la France et l’Allemagne vise à exploiter l’incapacité d’Ankara à honorer ses engagements d’ouvrir ses ports et aéroports aux Chypriotes grecs pour chasser la Turquie hors de l’UE ». « Ce serait fâcheux non seulement pour la Turquie mais aussi pour l’UE, souligne l’éditorialiste. Naturellement, l’UE poursuivra sa route avec ou sans l’adhésion de la Turquie, mais le processus, en cas d’échec, n’aura jamais abouti. La Turquie également poursuivra sa route avec ou sans l’adhésion à l’UE, mais la mise en œuvre de nos réformes pour une large démocratisation et une extension des libertés pourrait prendre davantage de temps. »
Les relations qu’entretient la Turquie avec les auteurs de ce “coup monté” – en particulier la France – se sont à nouveau tendues. L’initiative franco-allemande étant dans l’air depuis un certain temps, le Turkish Daily News révèle qu’Abdullah Gül a convoqué le samedi 25 novembre dans sa résidence l’ambassadeur de France en Turquie, Paul Poudade, pour lui dire que la position du gouvernement français était inacceptable et qu’elle causerait des dommages irréparables aux relations bilatérales, après la controverse sur la proposition de loi concernant la pénalisation de la négation d’un “génocide” arménien.
Mehmet Ali Birand, dans le même journal, concentre justement ses tirs sur la France. « L’opinion publique turque s’étonne de plus en plus, jour après jour, de la politique de la France vis-à-vis de la Turquie. (…) Elle ne peut comprendre pourquoi la France est devenue un ennemi à cause du problème arménien et de l’Union européenne », souligne le journaliste. Mais pour Birand, « il n’y a rien de nouveau dans l’attitude de la France, surtout lorsqu’on se place dans un contexte européen ». Il rappelle que Paris s’est opposé à deux reprises à l’adhésion de la Grande-Bretagne, en dépit du fait que les négociations étaient arrivées à leur terme et que tous les détails avaient été réglés. « Charles de Gaulle voyait en la Grande-Bretagne le cheval de Troie des Etats-Unis, et a repoussé son adhésion pendant plusieurs années », écrit Birand. Lequel ajoute pour illustrer son propos que l’adhésion des pays d’Europe centrale à l’UE « a été retardée à cause de la France ».
« Cette attitude est fondée sur la croyance qui veut que la France considère l’Europe comme son terrain de jeu exclusif. Elle se considère comme l’un des deux grands frères qui a formé l’Europe unifiée (l’autre étant l’Allemagne), et elle aime par conséquent commander les autres. Elle s’oppose à tout nouvel élargissement. Faisant corps avec les sentiments anti-européens de l’opinion publique française, ses leaders sentent la nécessité de s’opposer à la Turquie. »
Et Birand finit par une boutade : « Si vous n’avez pas compris mon explication, ne vous inquiétez pas ! Comme je l’ai dit auparavant, il est pratiquement impossible de comprendre les Français ! ».
L’Iran et la Syrie appelées à l’aide sur l’Irak.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’est rendu dimanche 3 décembre en Iran, où il a rencontré le président Mahmoud Ahmadinejad et le vice-président Parviz Davudi, pour une visite d’une journée consacrée essentiellement aux relations bilatérales et à la situation en Irak.
Sur le premier grand dossier, les deux parties sont tombées d’accord pour porter « aussi vite que possible », selon l’agence Anatolie, le volume des échanges commerciaux bilatéraux à 10 milliards de dollars (soit 7,5 milliards d’euros). Les relations bilatérales ont connu un bond substantiel dans ce domaine, puisqu’Ankara et Téhéran ont déjà atteint le chiffre de 5 milliards de dollars qu’ils s’étaient fixés comme objectif en juillet 2004, lors d’une visite de Recep Tayyip Erdogan en Iran, alors qu’à l’époque, ce volume des échanges commerciaux turco-iraniens ne culminait qu’à 1 milliard de dollars.
Le Premier ministre turc, qui était accompagné de son ministre de l’Energie Hilmi Güler, a demandé en outre à Téhéran d’augmenter le volume de ses importations en provenance de Turquie, pour maintenir un équilibre dans le volume des échanges commerciaux qui profitent actuellement davantage à la partie iranienne, en raison des livraisons importantes de gaz naturel iranien à la Turquie.
De son côté, le président iranien s’est montré disposé à étendre la coopération bilatérale dans tous les domaines. Selon le Turkish Daily News, Mohammad Ali Hosseni, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a souligné qu’il existait un « terrain favorable » au développement de la coopération avec la Turquie. « L’Iran et la Turquie (…) souhaiteraient tirer le meilleur parti de ce potentiel dans les domaines de l’économie, de l’industrie et du transfert de technologie », a indiqué le porte-parole de la diplomatie iranienne. Pour sa part, le président Ahmadinejad a lancé l’idée que les deux pays « peuvent même investir en commun dans d’autres parties du monde ».
Deuxième grand sujet de préoccupation commune : l’Irak. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de défendre l’intégrité territoriale et l’unité politique de l’Irak, juste après la visite fin novembre du président irakien en Iran. Jalal Talabani avait déclaré à cette occasion, sans toutefois détailler sa pensée, que Téhéran et Bagdad étaient parvenus à un accord sur la sécurité de l’Irak.
L’Irak, selon le quotidien turc Sabah, a été également au cœur des entretiens que Recep Tayyip Erdogan a eus avec l’ayatollah Khamenei. Le leader religieux iranien a estimé que « la seule solution au problème posé par la situation en Irak passe par un soutien renforcé au gouvernement populaire ». Les deux hommes, qui étaient entourés pour l’occasion par le vice-président iranien Parviz Davudi et le conseiller du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, ont convenu qu’une partition de l’Irak menacerait gravement l’équilibre de toute la région. L’ayatollah Khamenei a accusé les services de renseignements américains et israéliens d’entretenir l’insécurité au sein de la population et d’être responsables de la poursuite des assassinats d’innocents en Irak. « Plus les Américains resteront en Irak, plus ils s’enfonceront dans ce bourbier, a déclaré l’ayatollah Khamenei, selon Sabah. Si l’actuel président américain ne retire pas ses troupes d’Irak, son successeur sera contraint de le faire dans un climat de débâcle comparable à celui de la guerre du Vietnam. »
L’Irak devait être au menu des discussions entre dirigeants turcs et syriens, au même titre que le Liban et le conflit israélo-palestinien, durant la visite que le Premier ministre turc devait également effectuer à Damas. Recep Tayyip Erdogan comptait demander au président Bachar El-Assad une « contribution positive », selon ses propres termes, à la stabilisation de la situation au Liban, après l’assassinat du ministre libanais de l’Industrie Pierre Gemayel, dont le gouvernement libanais a rendu la Syrie responsable. « Notre but est de contribuer à la paix au Moyen-Orient, dans une région en plein chaos », a déclaré M. Erdogan devant les députés de l’AKP, selon le Turkish Daily News, avant de se rendre à Damas.
L’Iran et la Syrie : deux pays que le Premier ministre turc aura donc visités cette semaine, vers lesquels tous les regards semblent converger aujourd’hui, pour stopper la dégradation de la situation en Irak. Mardi 5 décembre, Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU, suggérait d’associer l’Iran et la Syrie aux Etats-Unis et à la communauté internationale dans la recherche d’une solution en Irak.
Une proposition onusienne qui s’inscrit en réalité dans le prolongement de ce que les Etats-Unis se préparent probablement à annoncer : un appel à l’aide aux régimes honnis de Téhéran et Damas. Le Groupe d’Etudes sur l’Irak, constitué d’une équipe d’experts indépendants dirigés par l’ancien Secrétaire d’Etat américain James Baker et l’ancien membre de la Chambre des Représentants Lee Hamilton, devait en effet rendre un rapport sur la situation en Irak, préconisant selon toute vraisemblance d’associer la Syrie et l’Iran aux efforts diplomatiques déployés pour tenter de mettre fin au chaos.
Une douloureuse conversion en perspective pour l’administration Bush, que le Premier ministre turc avait anticipée en se rendant successivement à Téhéran et à Damas.
En laissant « une partie de son cœur » à Istanbul, le Pape Benoît XVI a gagné les cœurs en Turquie.
Parmi les temps forts de la fin du voyage du Pape en Turquie, on notera la visite de Benoît XVI, à Istanbul, dans des lieux saints de la chrétienté et de l’islam, séparés symboliquement par une longue cour : Hagia Sophia (l’Eglise de la Sainte Sagesse) et la Mosquée du Sultan Ahmet, connue sous le nom de Mosquée Bleue. Cette dernière visite, en particulier, a été perçue en Turquie comme un geste de conciliation envers les Musulmans, après les propos du Pape sur l’islam et la violence. On rappellera qu’avant Benoît XVI, Jean-Paul II avait été le seul pape à visiter une mosquée, en 2001, en Syrie.
Un « geste de bonne volonté » de Benoît XVI apprécié par le quotidien Zaman, pour qui le souverain pontife « a exprimé par-là même un soutien appuyé au dialogue inter-religieux et au projet d’alliance des civilisations ».
Plus problématique pour la Turquie aura été la déclaration commune du Pape et du Patriarche grec orthodoxe Bartholomée Ier sur les « racines chrétiennes » de l’Europe, deux jours après le soutien affiché par Benoît XVI à la candidature d’Ankara à l’adhésion à l’Union européenne. « En Europe, tout en restant ouvert à d’autres religions et à leurs contributions culturelles, nous devons réunir nos efforts pour préserver les racines, les traditions et les valeurs chrétiennes », ont souligné Benoît XVI et Bartholomée Ier, ajoutant que le respect de la liberté religieuse devait être un critère d’adhésion à l’UE.
Une déclaration destinée à soutenir le Patriarche grec orthodoxe, qui est confronté aux restrictions imposées par la Turquie, parmi lesquelles la fermeture du séminaire grec orthodoxe de Heybeliada et la confiscation d’un certain nombre de propriétés non-musulmanes.
Enfin, autre visite remarquée : celle rendue au Patriarche des Arméniens de Turquie, Mesrob II. Durant cette rencontre, le Pape n’a certes pas prononcé le mot de “génocide”, mais il a évoqué le sujet, ce que la presse turque a pris soin de contourner. « J’adresse mon salut amical au Catholicos d’Etchmiadzine Karekine II et à l’Eglise apostolique arménienne, a déclaré Benoît XVI. Je rends grâce à Dieu pour la foi témoignée par le peuple arménien, qui se transmet de génération en génération, souvent dans des épreuves douloureuses, comme la terrible tragédie vécue au siècle dernier. »
Benoît XVI a achevé sa visite en Turquie le 1er décembre, par une messe célébrée en la Cathédrale du St-Esprit d’Istanbul. On notera enfin que juste avant d’embarquer pour Rome, le souverain pontife a déclaré au gouverneur d’Istanbul qu’il « [laissait] une partie de son cœur » dans la cité stambouliote.
Une touche finale qui a sans doute déteint positivement sur les commentaires de la presse turque, favorablement impressionnée par l’esprit de conciliation affiché par le Pape. Milliyet a souligné qu’« en cette période de tension croissante entre les religions (…), le Pape a rencontré des Musulmans, des Chrétiens orthodoxes et des Juifs ».
« Tout le monde est heureux et soulagé », écrit Dogu Ergil dans le Turkish Daily News. Et il voit deux raisons de l’être : tout d’abord, « le gouvernement et le peuple turcs ont prouvé leur maturité et leur capacité à rester respectueux et hospitaliers envers ceux qui sont critiques à leur égard » ; ensuite, « il faut admettre que le Pape a considérablement modifié sa position de rejet quant à la vocation européenne de la Turquie ainsi que son opinion sur la violence que véhiculerait l’islam ».
Cette visite pontificale dégage un parfum de « miracle », conclut Cengiz Aktar, par « l’attitude positive » affichée par le Pape sur l’adhésion de la Turquie à l’UE. Une attitude qui revêt dans ce contexte « une signification historique ».