Adhésion de la Turquie : UE et Ankara ouvrent le 1er volet des négociations
L’UE et la Turquie ont ouvert formellement tard lundi soir le premier des 35 chapitres thématiques jalonnant les difficiles négociations d’adhésion avec Ankara, un jour à "marquer d’une pierre blanche", selon le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül.
Ce premier chapitre, portant sur la science et la recherche, a été ouvert vers 21h15 GMT avec M. Gül, après que les 25 aient surmonté dans la journée l’opposition de Chypre, en assortissant cette ouverture d’un avertissement à Ankara sur la question chypriote.
L’ouverture de ce chapitre "est un pas très important", a déclaré le commissaire européen à l’élargissement Olli Rehn, lors d’un point de presse tard dans la nuit de lundi à mardi.
Mais il a souligné en même temps que l’Union européenne avait des "préoccupations" majeures qui pourraient affecter la suite des négociations avec la Turquie.
Il a cité notamment la demande faite à Ankara, via l’avertissement exigé par Chypre, de laisser entrer sur le territoire turc les navires et avions chypriotes grecs, comme le prévoit l’union douanière entre l’UE et Ankara et conformément à l’accord connu sous le nom de "protocole d’Ankara" que la Turquie a signé mais jamais ratifié.
Ensuite, "il n’y aura pas de progrès réel des négociations s’il n’y a pas de progrès réel de la situation politique en Turquie", a souligné M. Rehn.
Le commissaire a notamment demandé des progrès d’ici le rapport d’évaluation sur la Turquie que doit présenter la Commission "fin octobre-début novembre" en matière de liberté d’expression, de liberté de culte et de droits des minorités.
Touot en saluant cette journée "à marquer d’une pierre blanche", M. Gül a défendu la position turque, en justifiant le non-respect par la Turquie du protocole d’Ankara par l’absence de règlement à la division de Chypre, coupée en deux depuis 1974.
"Il ne faut pas se tromper de sujet et chacun doit faire de son mieux pour essayer de régler cette question chypriote", a souligné M. Gül.
"Cette situation ne devrait en aucun cas mettre en péril nos relations, ce n’est dans l’intérêt de personne", a-t-il ajouté.
"Si l’UE nous traite avec objectivité, les deux parties auront tout à y gagner", a-t-il encore indiqué.