Adhésion de la Turquie: Benoît XVI face aux manipulations

Publié le par Famagouste

Benoit XVI est arrivé le 28 novembre en Turquie pour un voyage que beaucoup interprétaient comme une offensive de l’Eglise catholique contre l’Islam. Il n’en est rien. « Ce n’est pas un voyage politique mais un voyage pastoral » a rappelé le Saint Père. Et la tentative de récupération du Premier Ministre Erdogan juste avant la recommandation rendue publique par la Commission européenne ne saurait faire plier le chef de l’Eglise Catholique.

Sous une apparence cordiale, le Premier Ministre Erdogan a essayé en vain de se servir de cette visite pour obtenir un soutien à la candidature de la Turquie à l’Union Européenne. En effet, comment croire le Premier Ministre quand celui-ci affirme que le Saint Père lui aurait dit « qu’il souhaitait que la Turquie fasse partie de l’Union Européenne » ? Le Saint Père ne vient ni en conquérant ni en sponsor, il apporte un message de paix et de dialogue averti.

Pour mémoire il convient de rappeler les propos du Cardinal Ratzinger en 2004 où il indiquait que "historiquement et culturellement, ce pays a peu à partager avec l'Europe.". On comprendrait assez mal que le Cardinal Ratzinger devenu Benoît XVI tienne des propos radicalement opposés. Bien entendu, sa fonction de chef d’Etat et la responsabilité qui pèse sur ses épaules imposent la plus grande prudence ; des minorités chrétiennes pourraient servir de bouc émissaire à la colère des islamistes radicaux attisés par les autorités d’Ankara. Il serait par ailleurs étonnant que le pape contredise l’évolution actuelle de l’UE, réticente à l’adhésion de la Turquie. Aussi, il est scandaleux que les médias européens s’allient au ministre Turque pour fausser à nouveau la démarche du Saint Père initiée à Ratisbonne.

Le silence à cette provocation est donc une réponse évidente. Le Pape n’est pas du genre à changer d’avis. Il n’a pas tardé, au cours de l'un de ses discours, à redire qu’il situait la Turquie "entre le continent asiatique et le continent européen, (...) carrefour de cultures et de religions". Il est ensuite venu s’appuyer sur l’engagement de Mustafa Kemal Atatürk en faveur de la laïcité et de la modernité pour rappeler la fragile liberté de culte de la constitution qui ne donne pas de statut juridique aux Orthodoxes et aux Catholiques. Une manière de montrer du doigt les dangers de dérive, les ambiguïtés et les persécutions dont sont victimes les chrétiens en Turquie.

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Publié dans avant.garde

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