La polémique sur le port du foulard rebondit

Publié le par Famagouste

Le Conseil d’Etat de Turquie a estimé qu’une institutrice portant le foulard avant l’entrée et à la sortie de l’école, ne pouvait devenir directrice dans une école maternelle, ceci étant « contraire au principe de laïcité dans l’éducation/l’enseignement contemporains". L’institutrice portait le foulard également sur sa photo d’identité.

Commentant cette décision l’éditorialiste du quotidien turc Radikal a déclaré « ainsi, l’interdiction du foulard s’applique également dans un espace extérieur à celui de la fonction publique. Il semble que suite à cette décision, une polémique va commencer, pouvant durer jusqu’à l’élection présidentielle. ».

En effet le Premier Ministre turc Erdogan a « condamné » cette décision tandis que le vice-Premier Ministre Abdullah Gül a estimé pour sa part que c’est une attitude « contraire à la tendance de la démocratisation en cours », « ...une philosophie de régime totalitaire », « ...des choses erronées et dangereuses ».

Le Conseil d’État a réagit par une déclaration écrite.

Rappelant qu’il s’agit d’un pourvoi en cassation, il note : « ... dépassant largement les limites d’analyse et de critique d’un jugement définitif, ces déclarations malchanceuses, inhabituelles dans la République de Turquie, qui est un Etat démocratique et laïc, conçoivent le pouvoir juridique comme un adversaire politique... »

Lors d’une allocution, le président de l’Union des Barreaux de Turquie, Özdemir Özok, a critiqué, sur le style et sur le contenu, la réaction du Premier Ministre Erdogan à la décision du Conseil d’Etat l’accusant notamment de mentionner « la référence à la Direction des Affaires religieuses ».

Pour Ozdemir Özok, cette réaction « signifie une confrontation entre les pouvoirs (l’exécutif et le juridique), et n’est pas concevable dans un pays européen ».

Le président du TTB attire par ailleurs l’attention sur l’orientation du pays « vers une structure sociale problématique », où peuvent être énumérés parmi d’autres faits inquiétants : « les démarches de certains intellectuels qui incitent au nationalisme ethnique, les attentats à la bombe par les séparatistes, l’utilisation des enfants lors des manifestations de banlieues, la transformation en démonstrations intégristes des réunions de protestation contre les caricatures, la promotion de films incitant à la violence... ».

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Publié dans avant.garde

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