La Turquie condamnée pour la mort d'un Chypriote grec
La Cour européenne des Droits de l'Homme a conclu mardi à Strasbourg à la violation de sa Convention par la Turquie concernant les conditions de la mort d'un Chypriote grec abattu par un garde-frontière turc en octobre 1996.
Elle a alloué pour dommage moral 20.000 euros à sa veuve Chriso Kakoulli et 3.500 euros à ses trois enfants.
Petros Kakoulli a été tué par balles par un garde-frontière turc le 13 octobre 1996. Le gouvernement turc affirme qu'il avait traversé la ligne de cessez-le-feu et que l'un des soldats s'était approché de lui et avait tiré des coups de sommation en l'air et au sol. Comme Petros Kakoulli poursuivait sa course, un troisième coup avait été tiré. Le déroulement des faits est contesté par sa famille qui affirme notamment que Petros Kakoulli a obtempéré lorsqu'il a été sommé de s'arrêter.
Les juges de Strasbourg ont conclu à une violation du droit à la vie et du droit à une enquête adéquate.
Un rapport d'autopsie a conclu que certaines blessures résultaient d'un coup de feu tiré alors que Petros Kakoulli avait les mains en l'air et que d'autres résultaient probablement d'un coup tiré sur le corps alors que Petros Kakoulli était à terre.
L'enquête n'avait débouché sur aucune procédure pénale ou disciplinaire contre le soldat, les autorités compétentes estimant que l'homicide était justifié dans les circonstances. L'affaire avait été classée "sans suite".
AFP - 22 novembre 2005