Chypre : Nicolas Sarkozy pour une suspension des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE

Publié le par Famagouste

Le chef de file de la majorité demande que l'on suspende le processus d'adhésion tant que la Turquie n'aura pas mis en oeuvre le protocole d'Ankara

Les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE devront être suspendues si Ankara n'applique pas à Chypre son union douanière avec l'UE, a estimé vendredi le ministre français de l'Intérieur et chef de la file de la majorité Nicolas Sarkozy.

"Je demande que l'on suspende l'ouverture de nouveaux chapitres d'adhésion avec la Turquie tant que celle-ci n'aura pas ratifié et véritablement mis en oeuvre, de bonne foi, le protocole d'Ankara", a déclaré à Bruxelles le favori de la droite pour l'élection présidentielle française, qui pense que la Turquie n'a pas sa place en Europe.

Un seul des 35 chapitres des pourparlers d'adhésion avec Ankara, celui sur la science et la recherche, a été ouvert et déjà refermé. Suspendre l'ouverture de nouveaux chapitres reviendrait donc à geler les discussions. La Turquie a signé en juillet 2005 le protocole dit d'Ankara qui étend son union douanière avec l'UE aux dix pays entrés dans l'UE en 2004. Mais les Turcs ne l'appliquent toujours pas à Chypre, qu'ils ne reconnaissent pas, et ne laissent pas entrer les navires chypriotes dans leurs ports.

En raison de cette question chypriote, la Turquie s'est vue menacée par plusieurs responsables européens d'un "déraillement" de ces négociations d'adhésion, qui pourrait aller jusqu'à une suspension partielle ou totale des pourparlers.

Nicolas Sarkozy persiste par ailleurs à penser que la Turquie n'a pas sa place dans l'UE. Avec "l'espace euro-asiatique et méditerranéen, la première de nos démarches doit être d'établir un partenariat privilégié", dit-il avant d'ajouter: "nous devons approfondir nos liens avec elle (la Turquie), mais sans aller jusqu'à l'adhésion pleine et entière". Il estime plus généralement qu'il faut "fixer une carte géographique et politique à l'UE", et que "l'UE est ouverte à tous les Etats qui appartiennent clairement au continent européen", citant la Suisse, la Norvège, et les pays des Balkans. Il ne faut "plus procéder à de nouveaux élargissements tant que de nouvelles institutions n'auront pas été adoptées".

(Avec AFP)

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Publié dans Dans la presse

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