Accroissement des sentiments anti-occidentaux en Turquie
Le ressentiment contre les pays occidentaux est en train de croître en Turquie en raison du soutien américain à l’offensive israélienne au Liban et des hésitations sur l’entrée du pays dans l’Union européenne (UE), a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul, dans une entrevue publiée jeudi 20 juillet 2006 par la Financial Times.
"Des gens modérés et libéraux (en Turquie) sont en train de devenir anti-américains et anti-UE", a affirmé M. Gul qui a estimé "dangereux" les changements "d’attitudes et de sentiments" de la jeunesse turque "éduquée, dynamique et économiquement active" vis-à-vis des Etats-Unis et de l’UE.
Le chef de la diplomatie turque a également souligné que dans les négociations sur l’adhésion de son pays à l’UE, des progrès étaient fait sur le plan technique, mais que des obstacles subsistaient sur la question toujours non résolue de Chypre.
Nicosie demande, pour éviter de s’opposer à une adhésion de la Turquie à l’UE, qu’Ankara ouvre ses ports et aéroports à ses bateaux et avions, ce qui, selon M. Gul, est inacceptable à moins que ne soit levé le veto des autorités chypriotes grecques au commerce direct avec la partie turque de l’île.
"On nous a demandé de lever nos restrictions (sur les navires et avions chypriotes), mais l’isolement devrait continuer inchangé pour la partie turque. Cela est impossible. Aucun gouvernement élu en Turquie ne peut faire cela", a fait valoir M. Gul, qui a souligné que le question chypriote "continuait à empoisonner" les discussions.
Le ministre turc a souligné, selon le Financial Times, que son gouvernement appuyait la tentative des Nations unies pour relancer le processus de paix à Chypre, divisé depuis l’invasion du nord de l’île par la Turquie en 1974.
Le ministre turc des Affaires étrangères a par ailleurs affirmé que les indépendantistes kurdes du PKK s’approvisionnaient en armes et explosifs en Irak, y compris auprès de l’armée irakienne.
"Cela est très dangereux", a-t-il déclaré, soulignant que la Turquie "ne pouvait le tolérer".
"Définitivement nous utiliserons nos droits en vertu de la loi internationale, a-t-il ajouté. Bien sûr, nous comprenons la position du gouvernement irakien, mais s’il n’est pas capable de contrôler son pays, il ne devrait pas hésiter à coopérer avec nous".
"S’ils (les Irakiens) ne peuvent mettre fin (à cela), ils nous faudra agir", a-t-il encore déclaré.