Ankara demande à Paris de renoncer au texte
Ankara a réagi au report, jeudi, du vote à l'Assemblée nationale française d'une proposition de loi visant à pénaliser la négation du «génocide» arménien de 1915, en encourageant les députés français à abandonner pour de bon l'examen de ce texte.
«Après ce développement, notre attente est que le renvoi de la proposition de loi devant l'Assemblée nationale française lors de sa prochaine session soit abandonné». Le ministère turc des Affaires étrangères ne se contente pas tout à fait de la décision de Jean-Louis Debré. Et voit dans la reprise éventuelle en octobre de l'examen du texte soumis par les députés socialistes le risque que le débat n’est pas réglé. Dans un communiqué, la Turquie appelle la France à soutenir le lancement de recherches historiques communes turco-arméniennes visant à établir le caractère génocidaire ou non des massacres d'Arméniens survenus en 1915-1917 en Anatolie, sous le règne de l'empire ottoman. «Nous attendons que la société internationale, la France inclue, soutienne la proposition que nous avons faite l'an dernier à l'Arménie pour la constitution d'une commission commune qui enquête sur les réalités historiques des événements de 1915 et partage les résultats de ses travaux avec l'opinion publique mondiale». Les Arméniens estiment que jusqu'à 1,5 million des leurs ont péri dans un génocide orchestré par l'Empire ottoman entre 1915 et 1917. Ankara affirme que des massacres ont été commis de part et d'autre et récuse les accusations de génocide. Ankara a averti au cours des derniers jours que le vote de la proposition de loi aurait de graves répercussions sur les relations bilatérales franco-turques. Représailles d'un député turc Ripostant à l'initiative socialiste, Mahmut Kocak, député du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, a suggéréde faire du 8 mai la journée de commémoration du «génocide commis contre les Algériens». Le texte qu'il a déposé prévoit une peine d'emprisonnement et une amende pouvant atteindre les 100.000 lires turques (52.000 euros) pour quiconque affirmerait que la France n'a pas commis de génocide en Algérie. Alors qu'Ankara, après avoir refusé d'examiner la question, estime désormais qu'il revient aux historiens et non aux parlements de décider si un génocide a été commis, plusieurs pays, dont la France, ont officiellement reconnu que les Arméniens avaient été victimes de génocide en Turquie en 1915.
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