Turquie : Le président turc refuse un expert de la finance islamique pour la banque centrale

Publié le par Famagouste

Le chef de l’Etat turc Ahmet Necdet Sezer a refusé de nommer un spécialiste de la finance islamique à la tête de la banque centrale de la Turquie, pays musulman mais laïc, et renvoyé un décret du gouvernement sur cette nomination.

Le gouvernement de tendance islamo-conservateur du parti de la Justice et du Développement (AKP) avait envoyé un décret au président le 15 mars dernier et M. Sezer, gardien farouche des valeurs laïques, l’étudiait depuis.

La nomination de M. Adnan Büyükdeniz, actuel PDG de la société de crédits AlBaraka Türk aux capitaux arabes, n’a pas été approuvée et renvoyée au gouvernement, a indiqué le service de presse du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

"Le décret du conseil des ministres sur la direction de la banque centrale n’a pas été approuvé par le président qui ne l’a pas estimé approprié", précise un communiqué laconique.

Les spéculations sur le prochain gouverneur ont provoqué la semaine dernière une baisse de 3,1% de la bourse d’Istanbul et la valeur de la livre turque (YTL) est repartie à la baisse.

M. Büyükdeniz, âgé de 48 ans, diplômé de l’Universiré Bogaziçi d’Istanbul, a fait une maîtrise à la prestigieuse London School of Economics.

Il devait remplacer Süreyya Serdengeçti, qui, lors de son mandat, a vu l’inflation tomber au niveau le plus bas depuis les années 1970.

Plusieurs noms ont été évoqués pour succéder à Süreyya Serdengeçti qui a achevé, le 14 mars, son mandat de cinq ans à la tête de l’institution bancaire.

Le vice-gouverneur, Erdem Basçi, était fortement pressenti pour lui succéder mais les services du président de la République, ont révélé que son nom n’avait finalement pas été retenu et ne figurait pas dans le décret de nomination.

M. Erdogan a été critiqué par les analystes politiques et économiques pour la façon dont il a géré cette nomination, notamment en raison du manque de transparence. Le nom de M. Büyükdeniz n’avait jamais été rendu public officiellement par M. Erdogan. Le fait qu’il veuille nommer une personne proche de ses convictions religieuses à cet important poste a été également dénoncé.

A l’instar des épouses de nombreux ministres et députés de l’AKP ainsi que les cadres nommés par ce parti, arrivé au pouvoir en 2002, la femme de M. Büyükdeniz porte le foulard et c’est pour ce motif que M. Erdogan l’aurait préféré, selon la presse.

La mouvance laïque y voit le signe d’une volonté "d’islamiser" la politique monétaire turque. Le ministre des Finances, Kemal Unakitan, est aussi un ancien cadre d’AlBaraka Türk.

6 Avril 2006

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Publié dans avant.garde

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