Chypre se réserve le droit d'opposer son veto à la Turquie

Publié le par Famagouste

Chypre se réserve le droit d'opposer son veto à l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne mais espère ne pas avoir à le faire, a annoncé dimanche le président chypriote Tassos Papadopoulos.

M. Papadopoulos a affirmé que Chypre avait le droit d'exercer son droit de veto comme tous les autres membres de l'UE, mais que le gouvernement chypriote souhaitait trouver une solution à l'amiable pour la non-reconnaissance par Ankara du gouvernement chypriote-grec.

"Le fait de savoir quand et si nous allons l'utiliser (le droit de veto, ndlr) est une décision politique qui sera prise au moment voulu si nécessaire", a-t-il déclaré à des journalistes avant de partir pour une visite de deux jours à Vienne.

"Nous espérons que (le veto) ne sera pas nécessaire", a-t-il ajouté en se disant "confiant" pour éviter ce recours.

Ankara avait rempli en juillet la dernière condition pour l'ouverture des pourparlers d'adhésion en signant un protocole étendant son union douanière avec l'UE aux dix nouveaux Etats membres, dont Chypre.

Mais elle avait en même temps assuré que son paraphe ne valait pas reconnaissance des autorités de Nicosie et qu'elle n'avait pas l'intention de laisser les avions et bateaux chypriotes entrer dans ses aéroports et ses ports.

Pour compléter son processus d'adhésion, la Turquie a besoin du soutien de Nicosie, qui est en mesure de bloquer sa candidature si elle utilise son veto.

La Turquie est le seul pays à reconnaître la République turque de Chypre du nord (RTCN), proclamée en 1983, neuf ans après que les troupes turques ont occupé le nord de l'île en réponse à un coup d'Etat chypriote-grec visant à rattacher l'île à la Grèce.

Le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gül, avait dévoilé le mois dernier un "plan d'action" afin de parvenir à un règlement "global et durable" du conflit sur l'île divisée depuis 1974.

Chypre et la Grèce avaient rejeté les idées annoncées par la Turquie comme n'étant pas "nouvelles".

Le "plan d'action" d'Ankara proposait notamment d'ouvrir les ports et aéroports turcs à Chypre en contrepartie d'une levée des sanctions frappant la RTCN.

AFP - 19 février 2006

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Publié dans Dans la presse

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