Menaces turques sur la Grèce

Publié le par Famagouste

Au fil de l’épée – Bruxelles/Munich – Décembre 2005

Wilhelm HILLEK : Ankara a approuvé un nouveau document fixant la stratégie militaire turque.

On sait que la Turquie s’efforce, par tous les moyens, de faire partie de l’UE. Dans cette optique, elle reçoit le soutien des hommes de Bush à Washington.

La bureaucratie euro-bruxelloise exige de la Turquie qu’elle montre sa « maturité » pour faire partie du club, mais, dans le cas turc, cette « maturité » présente bien quelques solides déficits, comme la non reconnaissance d’un Etat membre de l’UE, Chypre, qui semble pourtant ne pas poser trop de problèmes à ceux qui s’assignent pour objectif de faire entrer la Turquie coûte que coûte, tout comme ne posent pas davantage de problèmes la négation systématique du génocide jadis perpétré à l’encontre des Arméniens ou la persécution brutale de la minorité kurde aujourd’hui.

Ces « bagatelles » ne troublent donc pas les eurocrates de Bruxelles, qui se bouchent les oreilles et font comme si elles n’existaient pas.

Pourtant un autre élément de taille vient de s’ajouter à ce lourd dossier de « bagatelles ». Les médias l’escamotent pudiquement pour ne pas commettre d’entorse à l’idéologie dominante, « politiquement correcte ». Or cet élément nouveau jette une ombre bien sombre sur les intentions pacifiques que proclame officiellement Ankara, dans sa stratégie de séduction pour être acceptée dans l’UE. Seuls les commentaires de l’agence de presse autrichienne « Austria » (« Austria PresseAgentur » / APA) ont permis de dévoiler ce nouvel élément au grand public, sous le titre « La Turquie menace la Grèce d’une guerre ».

D’après les commentaires des journalistes autrichiens, la Turquie vient d’avaliser officiellement un document stratégique, dans lequel apparaissent clairement les revendications turques sur la partie orientale de la Mer Egée.

En officialisant ce document, les Turcs viennent de dresser contre eux-mêmes un obstacle de taille pour leur éventuelle adhésion à l’UE. En effet, ils ont bien besoin du soutien grec pour faire accepter leur adhésion, juste au moment où le Président grec Constantin Karamanlis s’apprête à s’envoler pour Ankara, afin d’honorer la Turquie d’une visite officielle. Pendant ce temps, la Turquie s’amuse tout bonnement à menacer officiellement la Grèce d’une guerre.

Le « casus belli », qui, en l’occurrence, déclencherait les hostilités, a été présenté dans ce nouveau document stratégique que viennent d’accepter et l’armée et le gouvernement turcs.

Ce « Document de principes pour la sécurité nationale », comme il est nommé officiellement, aurait été avalisé bien avant le début des tractations du 3 octobre visant l’adhésion à l’UE, mais la décision officielle de l’accepter tel quel, et de l’annoncer urbi et orbi, aurait été postposée avant cette date importante pour ne pas froisser le gouvernement grec et ne pas l’amener à prendre parti contre la Turquie.

Ce souci se justifiait amplement. Ce « Document », énonçant des règles et des principes, qu’accepte aujourd’hui le « Conseil National de Sécurité » turc, est un document étonnant pour un Etat qui souhaite être accepté dans l’UE. On y lit textuellement que si l’Etat membre de l’UE, qu’est la Grèce, étendait sa zone de souveraineté à douze miles dans la Mer Egée, ce serait un casus belli pour la Turquie.

Dans l’Egée, la partie continentale de la Turquie et les îles grecques ne sont éloignées que de quelques kilomètres et le tracé des frontières est contesté. Il y a neuf ans, les deux pays ont failli se faire la guerre. Depuis lors, les deux ennemis héréditaires se sont certes rapprochés, mais les revendications territoriales dans l’Egée sont loin d’avoir trouvé une solution.

Bien que la Turquie soit substantiellement plus grande et plus forte que la Grèce et que les deux Etats soient partenaires au sein de l’OTAN, les militaires turcs, auteurs de ce document, craignent un « encerclement », par des puissances ennemies, de leur territoire national, jeu dans lequel la Grèce jouerait un rôle prépondérant.

Les hommes politiques et les généraux turcs pensent qu’ils doivent se montrer « durs » dans la question égéenne. Le Président du Parlement turc, Arino, avait demandé, au cours de ce printemps, aux parlementaires de son pays, de cesser de cultiver l’esprit agressif qui avait donné lieu à cette menace de guerre adressée par Ankara à la Grèce en 1995. Mais il n’a pas réussi à faire passer cette motion d’apaisement. La menace que la Turquie a décidé de faire peser sur la Grèce en 1995 est donc maintenue telle quelle comme l’atteste la teneur du nouveau document du Conseil National de Sécurité. Ce document jette donc une ombre sinistre sur la visite annoncée à Ankara du Premier Ministre grec Karamanlis.

C’est pourtant la toute première visite en Turquie d’un chef de gouvernement grec depuis 46 ans.

Wilhelm HILLEK.
(source : DNZ, Munich, n°46/novembre 2005).

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Publié dans Dans la presse

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D
ça bosse fort ( bosphore) <br />  <br /> 9 articles pour le 03 janvier  2006 !!!!<br />  <br />  <br /> et n oublions pas ( personne n en parle ) <br /> les VIOLATIONS MILITAIRES PERMANENTES de l espace aérien ( et maritime ) de la GRECE <br />  <br /> voir liens sur INTERNET  <br />  <br /> IL SUFFIT DE TAPER VIOLATION ESPACE AERIEN GREC <br />  <br /> OU SITE AMBASSADE DE GRECE  ! <br />  <br />  <br /> pourquoi se coller avec quelqu un qui vous menace en permanence ?
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F
Merci pour la remarque sur la violation de l'espace aérien grec par l'aviation turque. Si vous possédez des informations sur le sujet faites m'en part.