Football : violents incidents à la fin du match Turquie-Suisse

Publié le par Famagouste

Les joueurs helvètes ont quitté mercredi soir à Istanbul la pelouse du stade sous les projectiles du public avant d'être agressés dans les vestiaires par leurs adversaires • Sanction évoquée : l'exclusion de l'équipe turque des éliminatoires de la Coupe du monde 2010.

La Turquie, demi-finaliste du Mondial 2002, ne participera pas à celui de 2006. Et pourrait même être exclue des éliminatoires de celui de 2010. Conséquence des violents incidents de la fin du match Turquie-Suisse, mercredi soir, au cours desquels les joueurs helvètes ont quitté la pelouse sous les projectiles du public avant d'être agressés dans les vestiaires par leurs adversaires.

On sait le public turc chaud-bouillant. Les joueurs et les officiels peuvent l'être aussi. Mercredi soir, les Suisses se sont inclinés 4-2 à Istanbul en match retour du barrage des éliminatoires du Mondial 2006. Ayant remporté le match aller 2-0, samedi à Berne, ils sont qualifiés au bénéfice des buts marqués à l'extérieur. Mais pas de scènes de liesse à l'issue de la rencontre : les joueurs suisses se précipitent dans les vestiaires pour échapper aux divers objets qui pleuvent des tribunes. Au passage, Benjamin Huggel donne un coup de pied, juste à l'entrée des vestiaires, à Mehmet Özdilek, l'un des entraîneurs de la sélection turque.

Ensuite, c'est la bagarre générale dans les vestiaires. D'après l'agence suisse Sports informations, le service de sécurité et les joueurs turcs laissent éclater leur rage en agressant les Suisses. Le défenseur Stéphane Grichting (qui joue à Auxerre) reçoit un coup de pied dans le bas-ventre: il est hospitalisé, canal urinaire perforé. «C'est un véritable scandale, a fulminé l'entraîneur Köbi Kuhn –atteint par un projectile– , je n'ai pas vu tout ce qui s'est produit dans ce vestiaire, mais le fait de constater que les policiers turcs n'ont pas hésité une seconde à frapper aussi les gens de la télévision turque pour les empêcher de filmer la scène est révélateur du climat dans lequel nous avons baigné à la fin de ce match.» Son homologue turc Fatih Terim a lui fustigé l'arbitre belge Frank De Bleeckere, lui reprochant d'avoir oublié de siffler un pénalty pour les Turcs. «Cet arbitre a été immoral, je n'en ai pas vu de pareil de toute ma carrière», a-t-il dit, n'excluant pas de saisir les instances internationales à son encontre.

En Suisse, jeudi matin, l'émotion est intense, rapporte notre correspondant à Genève, Luc Hilly. On s'inquiète même de savoir si l'équipe helvète pourra rentrer au pays. Elle est encore à Istanbul et n'est pas sûre de pouvoir quitter son hôtel et de pouvoir rejoindre l'aéroport en échappant à la colère des supporters turcs.
Une délégation de la communauté turque a d'ores et déjà présenté ses excuses à la Fédération suisse. Laquelle pourrait demander officiellement des sanctions contre la Turquie auprès de la Fédération internationale (Fifa), dont le président, le Suisse Sepp Blatter, s'est déclaré jeudi matin «fou de rage». «Quelque chose ne fonctionne pas dans le football, je n'ai encore rien vu de pareil», a-t-il lâché promettant des sanctions exemplaires. La Fifa attend les rapports officiels et l'affaire sera réglée avant le tirage au sort de la phase finale qui sera effectué le 9 décembre à Leipzig, a-t-il poursuivi. Sepp Blatter doit tenir une conférence de presse dans la matinée.

Parmi les sanctions évoquées, l'exclusion des éliminatoires de la Coupe du monde 2010, où de celles de l'Euro 2008, coorganisé par l'Autriche… et la Suisse.

Libération - 17 Novembre 2005

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Publié dans Dans la presse

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