L'Europe vue par M. Erdogan

Publié le par Famagouste

Europe "L'Union européenne doit démontrer qu'elle n'est pas une union regroupant uniquement des Etats chrétiens, un "club chrétien", en s'ouvrant à la Turquie musulmane mais laïque", a affirmé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
"Si vous (aux Etats européens) êtes vraiment persuadés que l'UE n'est pas un club chrétien, alors vous devez faire en sorte que la Turquie vous rejoigne", a-t-il déclaré mardi soir lors d'un séminaire organisé à Abant (nord-ouest) par la Direction de affaires religieuses.

ANKARA, le 29 juin 2005 - Dépêche AFP

"Quand vous accepterez en votre sein la Turquie", a continué M. Erdogan, l'UE aura prouvé qu'elle n'est pas une union réservée uniquement aux Etats chrétiens.

En réitérant les propos qu’il avait tenus il y a quelques années sur le fait que l’Europe constituerait un « club chrétien », Monsieur ERDOGAN ressort une arme récurrente dont il sait qu’elle risque de faire mouche auprès des ethno masochistes qui gouvernent l’Europe : l’arme de la culpabilité.

« Si vous ne voulez pas de la Turquie, c’est que vous êtes des xénophobes repliés dans votre identité et rétifs à l’accueil de l’autre ».

C’est dans ces conditions du reste, qu’il y a quelques semaines, Monsieur Villepin avait déclaré que l’on ne devait pas fermer la porte à la Turquie pour des raisons identitaires. Cela risquerait de fâcher nos voisins.

Nous aimerions quant à nous rappeler à Monsieur ERDOGAN que si l’Europe n’est plus – hélas – un club chrétien, la Turquie, la Turquie elle, est devenue un club musulman avec 99% de pratiquants !

Le club chrétien de Turquie représente à peine 0.1% de la population et pour cause. Après le génocide arménien et de nombreuses expulsions de grecs habitant en Turquie et dans le nord de Chypre, il ne reste plus de populations chrétiennes en Turquie.

Il importe aujourd’hui plus que jamais de déculpabiliser les européens par rapport à cette argumentation nocive qui fait mouche hélas auprès des diplomates européens toujours sur la défensive.

Cela suppose de la clarté de la part des dirigeants européens. Le chef de l’état turc revient à la charge après de semaines de silence. Un silence suggéré par les partisans du oui conscients qu’une Turquie trop bruyante pendant le référendum aurait pu brouiller les esprits. La bataille contre l’intégration de la Turquie n’est pas terminée. Après la victoire historique du 29 mai 2005 dernier qui arrête la malédiction du 29 mai 1453, il appartient aux peuples européens de ne pas reculer mais de contre-attaquer jusqu’à la victoire finale.
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Publié dans avant.garde

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