Les mouvements islamistes radicaux en Turquie

Publié le par Famagouste

Voici quelques-uns des mouvements islamistes les plus radicaux en Turquie :

- Le Front islamique des combattants du Grand-Orient (IBDA-C): ce mouvement prône l'avènement d'un régime islamique dans ce pays à majorité musulmane, mais officiellement laïc. Il serait soutenu par l'Iran. Selon l'agence de presse Anatolie, ce groupe a revendiqué la responsabilité des attentats de jeudi contre le consulat britannique et la banque HSBC, basée à Londres. Il avait aussi revendiqué l'attentat du 15 novembre contre deux synagogues à Istanbul.

Actif depuis le milieu des années 1970, le IBDA-C est devenu de plus en plus violent au cours de la dernière décennie. Il compterait quelque 600 partisans. Il a perpétré des attentats contre des cibles liées à la gauche turque et à des chrétiens. Son chef, Salih Izzet Erdis, connu aussi sous le nom de Salih Mirzabeyoglu, a été arrêté en 1998.

- Action islamique: connu pour ses liens avec l'Iran, ce groupe revendique l'instauration d'un Etat islamique. Ses membres auraient reçu un entraînement militaire en Iran. Les autorités pensent qu'il est à l'origine de l'assassinat de plusieurs intellectuels défenseurs de la laïcité au début des années 1990.

- Beyyiat el-Imam: peu connu, ce mouvement a été formé dans des camps d'Al-Qaïda en Afghanistan. Le quotidien turc "Hurriyet", citant des sources policières, a rapporté que six suspects arrêtés dans le cadre de l'enquête sur les attentats contre des synagogues d'Istanbul étaient membres de ce groupe.

- Mouvement de la vengeance islamique (IIO), qui est étroitement liée à la Nahda tunisienne : a revendiqué en 1990 les meurtres de la féministe du SHP, Bahriye Uçok, et du président de l’Association des bars d’Ankara.

- Commandos islamiques turcs (Türk Islam komandolari): ont revendiqué le meurtre du journaliste Cetin Emeç.

- Mouvement islamique (Islam Hareket)
  Le « Front des Combattants du Grand Orient Islamique »
(ou Islam büyük dogu askerlerin cephesi ou IBDA-C) a revendiqué de nombreux attentats contre des lieux du « matérialisme occidental » et les « intellectuels athées »: débits de boissons, lieux de culte chrétiens, centre commercial, etc, ainsi que contre des maisons d’éditions (Kaynak, 1996). Il est à l’origine de l’assassinat de plusieurs journalistes, dont Ugur Mumcu, Cetin Emeç ou le juriste Muanmer Aksoy. Son leader, Salih Mirza-beyoglu, fut condamné à la peine capitale en 2001.

- L’Union des Associations et Communautés Islamiques (UACI) ou Etat du Califat : mouvement clandestin en Turquie - mais légal en Europe - fondé à Cologne par des exilés turcs ayant pour but de rétablir le califat ottoman. Se réclamant de l’héritage de Cemaleddine Hacaoglu, alias « Kaplan », il organise des stages militaires et doctrinaux en Iran (Qom) pour former les membres à la guérilla urbaine.

- Parti de la Libération islamique (Hizb ut-Tahrir): premier mouvement islamique clandestin radical créé en 1970, en tant que la branche turque du mouvement jordanien du même nom. Ses dirigeants ont été arrêtés en 1982
Jihad islamique : a revendiqué une attaque contre un diplomate saoudien en 1989.

Organisations islamistes et/ou séparatistes kurdes :

Al Qods, organisation chargée de l’entraînement des terroristes kurdes islamistes liés à Téhéran.

Hizbollah : réunit des groupes de mercenaires kurdes confessant une vision théocratique proche de celle du chiisme révolutionnaire iranien. Accusés d’avoir coopéré avec l’armée turque dans la lutte contre le mouvement séparatiste PKK, les Hizbollahis aident à la construction de mosquées en pays kurde et réislamisent l’enseignement.
Le chef de l'aile la plus radicale du mouvement a été tué dans une fusillade à Istanbul en 2000. Les autorités turques auraient soutenu le Hezbollah quand il a été formé au début des années 1980, parce qu'il combattait les rebelles kurdes revendiquant l'autonomie.

Hareketa islamiye kurdistane (Mouvement islamique du Kurdistan) : de tendance sunnite, ce mouvement a été formé par des anciens du PKK et reste imprégné de vocabulaire marxiste, avec des influences du parti communiste iranien Toudeh.

Partiya islamye kurdistanais (parti islamique du Kurdistan) : ce parti regroupe aussi des membres du PKK. Son mot d’orde est l’union des Kurdes et l’appel au Jihad.

PKK : (nouvellement baptisé Kongra-gel), Parti des Travailleurs kurdes : Partiya Karkeren Kurdistan) : Créé en 1978, il est soutenu par la Syrie et affiche de plus en plus sa sympathie envers le mouvement islamiste. En 1995, son leader, Abdullah Oçalan (alias « Apo), adoptait un discours nettement réislamisé et présentait son mouvement comme « plus islamiste que les islamistes » et le futur Kurdistan indépendant comme le « coeur de l’internationale islamiste », d’où la fondation d’une « Union des mollahs patriotiques du Kurdistan » influencés par l’Iran.
Le PKK a créé, en 1984, les Brigades de Libération du Kurdistan (HRK), remplacées en 1986, par l’Armée Populaire de Libération du Kurdistan, aidée par les services spéciaux irakiens et recevant armes chinoises.

Jihad islamique (branche kurde) : d’obédience iranienne, ce groupe a revendiqué plusieurs attentats à la bombre contre des cibles liées à Israël:  synagogue d’Istanbul en 1986 (25 morts), meurtre d’un diplomate israélien en 1992, etc.


L’Islamisme en Turquie aujourd’hui

Dans la société :
- 2500 clubs islamistes
- 1000 « compagnies » islamistes
- Certaines mosquées et organisations confrériques sont utilisées comme centres de propagande et de rébellion.

Dans l’enseignement :
- 474 « imam-hatips » (écoles religieuses) placées sous la tutelle du ministère de l’éducation. Créées dans les années 50 par les gouvernements conservateurs pour former les imams employés par la Direction des Affaires religieuses, elles sont financées par les fondations et comportent un enseignement du Coran, de la Charià et de la langue arabe.
- 1,7 million d’étudiants dans les écoles islamistes (7 millions en 2005)
- 53000 diplômés par an dans les Imam-hatips pour une demande annuelle de 2288 imams.

Dans les médias
- 19 journaux :Akit, Milli Gazette, Türkiye, Yeni Devir, Zaman, etc…
- 100 magazines
- 20 stations de télévisions (dont Kanal 7, proche du parti AK au pouvoir), TRGT, Samanyolu…
- 51 stations de radio…


 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article