Le Premier ministre turc met en garde la France

Publié le par Famagouste

 ANKARA (Reuters) - Le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a à son tour mis en garde la France contre la proposition de loi sur le génocide arménien que les députés français s'apprêtent à examiner.

Le texte, présenté par l'opposition socialiste, vise à sanctionner la négation du génocide arménien au début du siècle dernier. Il sera examiné jeudi prochain au parlement.

La Turquie rejette les accusations de génocide dont elle fait l'objet en raison des massacres de chrétiens arméniens pendant la Première Guerre mondiale, et souligne qu'un grand nombre de Turcs musulmans ont également été tués dans les affrontements.

"Que ferez-vous lorsqu'un Premier ministre de Turquie se rendra en France et dira qu'il n'y a pas eu de génocide arménien ? Vous le mettrez en prison ?", a interpellé Erdogan, qui recevait une délégation d'hommes d'affaires français en visite à Istanbul.

"Nous attendons de vous que vous fassiez tout pour éviter cela", a poursuivi le Premier ministre turc, dont les propos sont rapportés par l'agence anatolienne de presse.

"Nos avertissements ne doivent pas être pris à la légère. Il faut comprendre la gravité de la situation", a-t-il ajouté.

La semaine passée, le ministère turc des Affaires étrangères avait déjà prévenu que l'adoption de cette proposition de loi aurait de lourdes conséquences sur les relations économiques et politiques entre les deux pays.

En 2005, les échanges commerciaux entre la France et la Turquie ont approché les 10 milliards de dollars, et plusieurs grandes entreprises françaises, dont Renault et Carrefour, ont des intérêts en Turquie.

L'an passé, Erdogan avait proposé la création d'une commission d'historiens de Turquie et d'Arménie qui aurait eu pour tâche de réexaminer ce qui s'est passé pendant la Première Guerre mondiale. L'Arménie avait rejeté l'idée.

La question du génocide arménien, si elle n'est pas une condition fixée par l'Union européenne à l'adhésion de la Turquie, est présente dans le processus lancé officiellement il y a un an.

A l'occasion de sa récente visite en Arménie, le président français, Jacques Chirac, a ainsi estimé "honnêtement" qu'il serait nécessaire que "la Turquie reconnaisse le génocide arménien pour entrer dans l'Union".

La France a reconnu comme tel le génocide arménien par une loi votée en 2001.

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Publié dans Dans la presse

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