Ankara refuse une visite d’eurodéputés à cause de la présence d’un Chypriote

Publié le par Famagouste

Le président de la commission de l’Environnement du Parlement européen, Karl-Heinz Florenz, a dénoncé mercredi 4 octobre 2006 l’annulation par Ankara d’une visite d’eurodéputés en Turquie en raison de la présence parmi eux d’un élu chypriote mal vu dans ce pays.

Des membres de la commission Environnement du Parlement européen avaient prévu une visite de "longue date" en Turquie pour rencontrer quatre ministres turcs et discuter de questions non seulement d’environnement, mais aussi de santé, d’agriculture et d’énergie, a expliqué M. Florenz, député conservateur allemand, dans un communiqué.

Mais au cours d’une réunion lundi soir, la représentation permanente de la Turquie auprès de l’UE a demandé le retrait de l’eurodéputé centriste chypriote Marios Matsakis de la délégation, a-t-il indiqué. La délégation parlementaire ayant refusé de satisfaire cette demande, "la représentation turque a annulé la visite", a-t-il ajouté.

"Ce n’est pas parce que c’est un député chypriote, c’est parce que c’est Marios Matsakis", a justifié un diplomate turc sous couvert d’anonymat. "A chaque fois qu’il a été en Turquie, il a créé une grosse controverse", a-t-il affirmé.

Selon ce diplomate, la visite de la délégation n’a d’ailleurs pas été "annulée". Elle a simplement été "reportée" pour après la publication du rapport de la Commission européenne sur les progrès de la Turquie dans ses négociations d’adhésion avec le bloc européen, prévue le 8 novembre.

Il n’a toutefois pas précisé si M. Matsakis pourrait alors faire partie ou non de la délégation.

Les relations UE-Turquie menacent depuis plusieurs mois de virer à la crise en raison du refus des Turcs d’appliquer complètement le protocole dit d’Ankara, qui étend leur union douanière avec l’UE aux dix Etats membres entrés dans l’UE en 2004, dont la partie grecque de Chypre.

La Turquie, dont l’éventuelle adhésion dans dix ou quinze ans suscite de plus en plus de réticences dans l’UE, continue de refuser d’appliquer cet accord à la partie chypriote grecque, qu’elle ne reconnaît pas, et ne laisse pas entrer les navires et avions chypriotes dans ses ports et aéroports.

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Publié dans Dans la presse

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