Dizaines de milliers de manifestants, consulat de France lapidé
Des dizaines de milliers de Turcs ont manifesté dimanche à Diyarbakir (sud-est) tandis qu'à Istanbul (nord-ouest) d'autres ont brulé le drapeau danois et lancé des pierres sur le consulat de France pour protester contre la publication de caricatures de Mahomet dans la presse européenne, selon des journalistes de l'AFP.
A Diyarbakir, la plus importante ville du sud-est anatolien, peuplée majoritairement de kurdes, 50.000 personnes se sont rassemblées sur la place principale à l'appel d'organisations islamistes.
Elles ont scandé des slogans hostiles au Danemark et lancé un appel pour le boycottage des produits de ce pays avant de se disperser dans le calme.
A Istanbul, dans une première manifestation, quelque 150 personnes ont lancé des pierres et des oeufs contre le consulat de France de la première métropole turque.
Les manifestants, membres de l'organisation de jeunesse d'un parti islamiste et nationaliste (BBP, parti de la grande unité) ont littéralement bombardé la représentation, criant "Alla-o-Akbar (Allah est grand)" ou encore "vengeance, vengeance".
La police déployée autour de la mission située à l'entrée de la grande avenue piétonne Istiklal, dans le centre-ville de la partie européenne de la ville, n'est pas intervenue directement contre les manifestants mais a empêché plusieurs d'entre eux de pénétrer dans l'enceinte du consulat.
Dans une autre manifestation, sur l'esplanade de la grande mosquée Beyazit, environ 4.000 personnes rassemblées à l'appel d'ONG islamistes au terme de la prière ont scandé des slogans hostiles au Danemark, aux Etats-Unis et Israël.
Un groupe a brûlé l'emblème national danois.
L'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo a publié la semaine dernière les douze caricatures parues en septembre dernier dans le quotidien danois Jyllands-Posten, qui ont été ces dernières semaines à l'origine de violences dans de nombreux pays musulmans.
De nombreuses manifestations ont eu lieu ces derniers jours dans plusieurs villes de Turquie, pays à écrasante majorité musulmane qui a entamé en octobre des négociations d'adhésion à l'Union européenne, pour dénoncer la publication de ces caricatures dans la presse européenne.
Le gouvernement d'Ankara a condamné ces caricatures.
Manifestations en Turquie contre les caricatures de Mahomet
Vendredi, plusieurs milliers de manifestants ont déferlé vendredi dans les rues de plusieurs villes turques, brûlant des drapeaux de pays européens et des effigies du Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen pour protester contre les caricatures de Mahomet.
A Istanbul, quelque 2.500 protestataires se sont rassemblés devant la mosquée Beyazit sous une forte surveillance policière.
"L'armée (du prophète) Mohammed est la terreur des infidèles! Nous tuerons les +salauds+ de croisés", vociféraient des manifestants, selon un photographe de l'AFP.
Les manifestants ont mis le feu aux drapeaux danois et britannique ainsi qu'à une effigie de M. Rasmussen. Certains protestataires ont affiché sur les murs de l'édifice une caricature représentant M. Rasmussen avec l'inscription: "je suis une +sale porc+".
La plupart des participants se sont dispersés sans incident et la police n'a interpellé que neuf personnes, a indiqué l'agence Anatolie.
A Van (est), dix personnes ont été arrêtées après que des manifestants eurent bloqué la circulation dans une rue malgré les injonctions de la police qui les sommait de se disperser, selon l'agence.
A Ankara, des militants d'un syndicat de fonctionnaires ont déposé une couronne mortuaire devant l'ambassade danoise, et étendu sur le sol des photographies du Premier ministre danois.
Des manifestations ont également eu lieu dans onze autres villes de Turquie, a ajouté Anatolie.
Par ailleurs, un prêtre catholique slovène, Martin Kmetec, a indiqué avoir été harcelé et menécé par un groupe de jeunes gens à l'église Sainte-Hélène d'Izmir.
Un prêtre catholique italien, le père Andrea Santoro, a été tué par balles dimanche à la fin de la messe à l'église Sainte-Marie de Trabzon (nord-est de la Turquie), mais les mobiles de ce meurtre n'ont pas pu être établis.
AFP - 10-12 février 2006