Une délégation du Hamas reçu à Ankara par Abudllah Gül

Publié le par Famagouste

Une délégation des radicaux palestiniens du Hamas, en visite surprise à Ankara, a été reçue jeudi par le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gül, et d'autres membres du parti AKP au pouvoir.


Mais le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, autre membre de l'AKP (islamistes conservateurs et modérés), a renoncé pour sa part à son projet de recevoir cette délégation de cinq membres, conduite par Khaled Méchaal, chef du bureau politique du Hamas, qui vit en exil à Damas. Erdogan semble en cela avoir cédé à de fortes pressions exercées par Israël comme par l'Occident.

Le chef de la diplomatie turque a quitté le siège de l'AKP, où il s'était entretenu pendant une heure trente avec les dirigeants du Hamas, sans faire aucune déclaration à la presse.
Le ministère turc des Affaires étrangères, selon des diplomates occidentaux en poste à Ankara, a été embarrassé par la visite du Hamas, qui semblerait avoir été organisée par les services du Premier ministre, et a souhaité en minimiser l'importance. Mais, soucieux apparemment de ne pas irriter Israël et Etats-Unis avec cette visite du Hamas, le ministère turc des Affaires étrangères a assuré qu'elle se déroulait à l'initiative du mouvement intégriste.
Méchaal a déclaré aux journalistes après la rencontre que sa délégation avait pris au sérieux les conseils donnés par le gouvernement turc, conseils dont il n'a pas donné les détails. Des responsables turcs ont, en aparté, déclaré qu'ils appelaient le Hamas à renoncer à la violence et à reconnaître l'Etat d'Israël.
"Nous avons reçu le même soutien du gouvernement turc que celui reçu de gouvernements arabes", a ajouté Méchaal, dont les propos risquent aussi d'embarrasser la Turquie, qui entretient d'étroites relations avec Israël.
APPEL DE STEINMEIER
Israël a réagi avec irritation à la visite du Hamas à Ankara. "Je me demande ce que penserait le Premier ministre turc si le gouvernement israélien invitait (l'ex-chef rebelle kurde Abdullah) Ocalan et ses hommes en Israël", a déclaré le porte-parole israélien Raanan Gissin à la chaîne turque NTV.
Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a estimé pour sa part que les Turcs devraient faire passer un message de fermeté au Hamas. "Semblables pourparlers ne peuvent avoir lieu que s'ils servent à envoyer un message clair: reconnaissance (d'Israël), renonciation à la violence", avait dit le ministre, qui s'est entretenu cette semaine avec Gül lors d'une halte à Ankara.
Jeudi, la Russie, membre du "quartet" international sur le Proche-Orient, avait annoncé avoir donné son accord de principe pour la venue à Moscou début mars d'une délégation du Hamas. Ce projet a fait également grincer des dents aux Etats-Unis et en Israël.
Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas), dont la charte prône toujours la destruction de l'Etat d'Israël, a remporté haut la main les élections législatives du 25 janvier en battant les modérés du Fatah du président Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat.
C'est la première visite de responsables du Hamas hors du monde arabe depuis sa victoire électorale.
La Turquie, pays musulman laïque membre de l'Otan depuis des décennies et qui frappe à la porte de l'Union européenne, entretient des bonnes relations avec Israël. Mais Ankara ne range pas le Hamas parmi les groupes terroristes avec lesquels il faut éviter tout contact, contrairement à l'UE et aux Etats-Unis.
 
L'Express - 16 Février 2006 
 
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Publié dans Dans la presse

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