La Turquie jugée sur sa gestion de la grippe aviaire

Publié le par Famagouste

ANKARA (AP) -- Les Européens suivent avec attention les efforts déployés par la Turquie pour enrayer la propagation de la grippe aviaire. Une crise sanitaire en forme de test pour un pays qui aspire à rejoindre l'Union européenne.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est efforcé de montrer qu'Ankara agissait avec détermination pour contenir le virus mortel H5N1, responsable du décès de deux adolescents. Au total 15 cas d'infection suspects ou confirmés ont été signalés. "Nous prenons des mesures immédiates. Nous avertissons les gens. Je veux que les Turcs le sachent", a-t-il déclaré.
Jean-Luc Angot, directeur adjoint de l'Organisation mondiale de la santé animale, souligne que des mesures sont nécessaires pour "créer une zone tampon sanitaire qui pourrait empêcher le virus d'entrer dans l'Union européenne".
La crise de la grippe aviaire arrive à un moment difficile pour la Turquie. Le pays, qui a entamé officiellement des négociations d'adhésion à l'UE en octobre 2005, cherche à convaincre de son engagement en faveur de la démocratie et des droits de l'homme.
De nombreux pays de l'UE ont critiqué par le passé le traitement de la minorité kurde et cherchent à s'assurer que le gouvernement turc tient des promesses de réformes.
Le respect par Ankara de la liberté d'expression a également été mis en question le mois dernier lorsque l'écrivain Orhan Pamuk a comparu devant la justice pour avoir déclaré que "30.000 Kurdes et un million d'Arméniens ont été tués sur ces terres". Il avait été inculpé en vertu d'une loi réprimant les insultes contre la République turque. Les Européens ont demandé à Ankara d'abandonner les poursuites contre le romancier et de protéger davantage la liberté d'expression.
Les responsables du tourisme turc craignent que l'épidémie de grippe aviaire ne dissuade les Européens et d'autres visiteurs de venir. Il n'y a pas de preuve d'une baisse des réservations d'hôtel, mais un député a laissé entendre que la maladie avait été introduite délibérément pour ternir l'image du pays et nuire à son activité touristique florissante.
"Il est intéressant de voir que la grippe aviaire apparaît dans plusieurs régions de Turquie en même temps", a déclaré au quotidien "Milliyet" Eyup Sanay, un élu du Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan.
"La Turquie connaît une explosion du tourisme", a-t-il souligné. "Certaines personnes ont peut-être introduit le virus. La Russie dit à ses ressortissants de ne pas aller en Turquie. L'Iran a fermé sa frontière. Je commence à croire à des théories du complot."
Mais d'autres responsables minimisent l'impact sur le long terme de la grippe aviaire. "Tout redeviendra normal lorsque le problème sera surmonté", assure Kursad Tuzmen, ministre en charge du commerce international. "Nous devons continuer à avoir de bonnes relations publiques, une bonne présentation." 

par William Kole

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Publié dans Dans la presse

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